« Je suis un homme de challenge ! »
Le Journal de la Haute-Marne : Pourquoi avoir choisi de relever le challenge à Chaumont?
Nikola Matijasevic (nouvel entraîneur du CVB 52) : « La première fois que je suis venu à Chaumont, c’était avec Ermont et je suis tombé amoureux de cette salle ! Il existe un vrai potentiel à Chaumont, notamment au niveau du public et je me souviendrai toujours de cette sensation que j’avais ressentie en entrant dans le gymnase. Car même si vous venez en tant qu’adversaire, vous ne pouvez pas rester insensible à cette ambiance. C’est magnifique de jouer devant 800 ou 900 personnes, que vous soyez dans l’équipe locale ou visiteuse. »
JHM : Le public n’a pas été votre seul critère?
N. M. : « Evidemment non ! Voilà maintenant plusieurs jours que Bruno (Soirfeck, le Président du CVB) et moi-même sommes en relation quasi quotidiennement pour évoquer un éventuel partenariat. Le projet sportif m’intéresse énormément, même si je sais que Chaumont sort d’une saison difficile et que le club doit faire avec quelques restrictions budgétaires. Mais avec l’équipe dirigeante, je sens une vraie motivation, une vraie envie. Je n’ai pas pour habitude de ne rester qu’un an dans un club. J’ai vraiment envie de construire quelque chose à Chaumont. »
JHM : Le fait de repartir de zéro, avec un groupe complètement remodelé, ne vous effraie-t-il pas?
N. M. : « Je suis un homme de challenges. Aujourd’hui, je sais qu’il est très difficile d’envisager l’avenir, voire de définir des objectifs précis. On a commencé le recrutement (lire par ailleurs) avec la venue de quatre premiers joueurs qui, pour certains, vont sortir de leur pays pour la première fois. Malgré leurs qualités sportives indéniables, je sais qu’il y aura forcément un temps d’adaptation. Tout va être nouveau pour tout le monde : on va découvrir de nouveaux partenaires, un nouvel entraîneur, de nouveaux dirigeants, une nouvelle culture, un nouvel environnement... »
JHM : La barrière de la langue ne sera-t-il pas un obstacle majeur?
N. M. : « Je ne le pense pas, Nous évoluons aujourd’hui à l’époque d’Internet où tout est anglicisé : la musique, les infos... C’est un constat ! On parlera anglais, au début tout du moins, même si j’aimerais que les joueurs s’investissent dans l’apprentissage du français. Mais de toute façon, on ne va pas aborder de grandes leçons philosophiques. Il y a moyen de communiquer simplement dans le monde du volley, sans souci. Je l’ai vécu à plusieurs reprises, avec des résultats positifs en fin de course. Il faut tout de même savoir que nous avons des contacts avec des joueurs français que nous souhaitons faire également venir à Chaumont, même si financièrement, ce n’est pas aussi facile. A salaire égal, les joueurs préfèrent souvent signer dans un club du sud de la France, avec la mer , la plage... Allez savoir pourquoi ! »
JHM : Avez-vous déjà prévu une date de reprise?
N. M. : « Aujourd’hui, l’équipe n’est pas encore composée. Au sein des instances fédérales, on ne sait même pas encore la date de la première journée de championnat, ni même de quelles équipes sera formée la poule de Ligue B. On prévoit toujours six semaines de préparation avant le début d’une saison, j’aimerais, personnellement, que l’équipe, qu’il faudra souder, soit réunie deux mois avant l’entame de championnat. Le volley est le sport collectif où les automatismes sont, par essence, le plus important. Au sein de formations grandement renouvelées, j’ai toujours eu l’habitude d’effectuer une deuxième partie de saison plus intéressante que la première, mais avec Jean-Yves (Peltier, le préparateur physique), j’espère que cette fois on sera prêt encore plus tôt. »
JHM : Avez-vous garder un oeil sur le niveau du championnat français et sur celui de la Pro B?
N. M. : « J’ai suivi en Lettonie les résultats par internet, mais c’est tout ! En revanche, depuis une dizaine de jours, j’ai visionné de nombreux matches de l’an passé, non pas en me focalisant sur le niveau de jeu, mais en observant individuellement certains joueurs qui m’intéressent pour venir tenter l’expérience à Chaumont avec moi. Pour l’anecdote, il faut savoir que je n’ai jamais perdu Salle Jean-Masson, avec Ermont comme avec Beauvais. Pourvu que ça dure le plus longtemps possible... »
Nikola Matijasevic
A 56 ans, Nikola Matijasevic possède la double nationalité serbe/ française. Excellent joueur, il a débuté le volley-ball en ex-Yougoslavie, où il a successivement porté les couleurs de l’Etoile Rouge de Belgrade et du Partizan de Belgrade. Avec plus de 200 sélections, il fait partie de cette première génération yougoslave à avoir écumé quelques titres internationaux sur le plan européen comme mondial. Il y a une vingtaine d’années, Nikola a décidé de tenter sa chance en France où il rejoint Asnières Sports, alors l’un des plus grands club de l’hexagone. Il s’offre le doublé “coupe/ championnat” et y fait également ses premiers pas d’entraîneur. Une carrière sur le banc qu’il poursuit ensuite du côté de Vannes, mais également d’Ermont ou de Beauvais, avec lesquels il a l’occasion de découvrir la salle Jean-Masson, dans la peau de l’équipe visiteuse.
Avec Beauvais, il étoffe sa carte de visite de deux montées successives (de Nationale 1 à Pro A), avant d’installer le club de l’Oise dans la première moitié de tableau de Pro A. Nikola Matijasevic a également connu quelques expériences en Belgique, avec Roselaere, un club habitué aux joutes de la Ligue des Champions ou en Allemagne avec Moers. L’an passé, il officiait en Lettonie au club de Cesis, où il a échoué en demi-finale du championnat face au futur vainqueur Riga.
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"Pourquoi y a t'il quelque chose plutôt que rien" (LEIBNIZ)
"Ce n'est pas le doute qui nous entraine dans la folie mais la certitude" (NIETZSCHE).